Les anaphores et les déterminants : comment ce, cette, ces et son, sa, leur accrochent une phrase à celle d'avant. En 12 étapes, avec tes exercices corrigés.
Chaque étape part d'un exemple, puis donne la règle et un petit exercice dont tu peux ouvrir la correction. Le bouton 🔊 Écouter l'explication, en haut de chaque étape, te l'explique à voix haute en une minute environ. Les encadrés jaunes ⚠️ montrent les pièges, et l'étape 11 reprend tes exercices.
Le déterminant se met devant un nom. Avec lui, il forme un groupe nominal (GN). Et il dit si ce nom est masculin ou féminin, singulier ou pluriel.
Prends le mot chien. Tout seul, on ne sait pas de quel chien on parle, ni combien il y en a. Ajoute un petit mot devant, et tout change :
Ce petit mot, c'est le déterminant. Le déterminant et son nom forment ensemble un groupe nominal, qu'on écrit GN.
Le déterminant accompagne toujours un nom et forme avec celui-ci un GN. Il porte les marques du genre (masculin ou féminin) et du nombre (singulier ou pluriel).
| Le GN | Ce que le déterminant nous dit |
|---|---|
| le chien | masculin, singulier |
| la chienne | féminin, singulier |
| les chiens | pluriel (et on ne sait pas si c'est masculin ou féminin : les chiennes) |
| ces maisons | pluriel (ces chiens, ces maisons : même mot) |
La fin de la définition ressemble à « les marques du genre et du nom ». C'est du genre et du nombre. Le nombre, c'est singulier ou pluriel : un seul, ou plusieurs.
Ta prof range les déterminants en deux grandes familles : ceux qui disent de quoi on parle (les référents) et ceux qui disent combien (les quantifiants).
du : « le vélo du voisin » veut dire « de le voisin » : c'est un contracté. « Je bois du lait » veut dire « un peu de lait » : c'est un partitif. Le truc : si tu peux dire « un peu de », c'est le partitif.
un : quand on compte (un frère et deux sœurs), c'est un numéral. Sinon (j'ai vu un film), c'est l'article indéfini.
quel : avec un point d'interrogation, il est interrogatif ; avec un point d'exclamation, exclamatif.
Une anaphore, c'est un mot ou un groupe de mots qui reprend une information déjà donnée plus haut dans le texte. C'est grâce aux anaphores que les phrases s'accrochent les unes aux autres.
« Cette bête », c'est l'araignée. Le mot cette te dit : « je parle de quelque chose que tu connais déjà, regarde plus haut ». Cache la première phrase : « Cette bête m'a fait peur ! » ne veut plus dire grand-chose. Quelle bête ?
Comme deux wagons de train : chaque phrase est un wagon, et l'anaphore est le crochet qui l'attache à celui d'avant. C'est-à-dire : un mot qui renvoie à ce qu'on a déjà dit. Sans crochet, la phrase 2 part toute seule et on ne sait plus de quoi elle parle.
Pour qu'un texte soit cohérent (qu'on le suive sans se perdre), presque chaque phrase contient des mots qui répètent une information déjà apparue. Ces répétitions d'informations enchaînent les phrases et les paragraphes.
Deux déterminants servent surtout à enchaîner : le démonstratif (ce, cet, cette, ces) et le possessif de la 3e personne (son, sa, ses, leur, leurs).
Les défenses de qui ? Des éléphants. « leurs » fait le lien avec la phrase d'avant. (« Ils » reprend aussi les éléphants : c'est une autre sorte d'anaphore, un pronom. Ici, on s'occupe des déterminants.)
Le déterminant démonstratif a quatre formes simples. Pour choisir, on regarde le nom (masculin ou féminin, singulier ou pluriel) et le mot qui suit juste après (commence-t-il par une voyelle ou un h muet ?).
| Masculin singulier | Féminin singulier | Pluriel | |
|---|---|---|---|
| Simples | ce / cet | cette | ces |
| Composés | ce…-ci, ce…-là cet…-ci, cet…-là | cette…-ci cette…-là | ces…-ci ces…-là |
-ci montre ce qui est proche (dans le temps ou dans l'espace) : ce mois-ci, cette élève-ci. -là montre ce qui est plus loin : en ce temps-là, cette élève-là. Ces petits mots renforcent le démonstratif et s'attachent au nom par un trait d'union.
cet ou cette ? Ils se prononcent pareil. Mets « un » ou « une » devant le nom : un arbre → cet arbre ; une auberge → cette auberge.
Le trait d'union : ces jours-ci, en ce temps-là. Sur ta feuille, tu as bien choisi -ci ou -là, mais tu as écrit « ces jours ci », « ce temps là » : il manquait le trait d'union.
ces, ses, c'est, s'est se disent pareil. ces = ceux-là, qu'on montre ou dont on a parlé (ces livres-là). ses = les siens, à lui ou à elle (Julien range ses affaires). c'est = cela est (c'est rare). s'est = avec un verbe qui se conjugue avec « se » (il s'est blessé).
Le démonstratif a deux emplois. Soit il rappelle quelque chose déjà dit dans le texte, soit il montre quelque chose de la situation où l'on parle.
« Cette bête » reprend l'araignée : c'est une anaphore. Et comme la reprise est dans une autre phrase, le démonstratif enchaîne deux phrases, parfois même deux paragraphes.
Ici, le roi devient le parrain du septième garçon d'une famille, à condition que les sept enfants soient tous des garçons, nés l'un après l'autre. « Cette succession de garçons » reprend bien quelque chose (c'est encore une anaphore), mais dans la même phrase : elle répète l'information, elle n'enchaîne pas deux phrases.
Pour la phrase « “Cette voiture est remarquable !”, s'est écrié papa après avoir essayé la nouvelle BMW », tu as noté en rouge « anaphore » (sans « enchaîne ») : « cette voiture », c'est la BMW, dans la même phrase. Ici, la reprise arrive même avant l'information qu'elle reprend. C'est rare ; c'est possible ici parce que tout est dans la même phrase.
La situation d'énonciation, c'est la situation dans laquelle on parle : qui parle à qui, quand, où, pour dire quoi et avec quelle intention.
Ces démonstratifs ne renvoient à rien d'écrit avant : ils n'enchaînent pas.
| Le démonstratif… | Anaphore ? | Il enchaîne ? | Exemple |
|---|---|---|---|
| reprend une information d'une phrase d'avant | Oui | Oui | J'ai vu une araignée… Cette bête… |
| reprend une information de la même phrase | Oui | Non : il répète dans la phrase | …à condition que cette succession… |
| montre quelque chose (situation d'énonciation) | Non : rien n'est repris du texte | Non | Prends ces livres ! · Cette semaine… |
Pour ne pas répéter le même groupe de mots, on le reprend par ce, cet, cette ou ces suivi d'un autre nom, souvent plus général. C'est exactement ce que demandent les exercices 4, 5 et 8.
« Le palmier-dattier a des possibilités surprenantes. Le palmier-dattier peut vivre dans le désert. » On répète : c'est lourd.
Tu as répondu « il » (« Il peut vivre dans le désert »). C'est du bon français, mais ce n'est pas ce que l'exercice demande : « il » est un pronom, pas un GN avec un démonstratif. Juste en dessous, pour le Congo, tu as écrit « ce pays » : exactement le bon geste ! On attend la même chose ici :
| Ce qu'on a dit | La reprise |
|---|---|
| le palmier-dattier | cet arbre |
| le Congo | ce pays (ou cette région) |
| vers 1950 | à cette époque |
| deux dangereux malfaiteurs | ces bandits, ces individus, ces deux hommes |
| Walibi | ce parc d'attractions |
| les derniers gorilles de montagne | ces animaux, ces grands singes |
| la mort tragique du Dr W | cette nouvelle, ce drame |
Un pronom ne compte pas. « il », « ils », « elle » reprennent bien quelque chose, mais l'exercice demande un GN : un déterminant démonstratif + un nom.
Accorde avec le nouveau nom, pas avec l'ancien. Le Congo est masculin, mais on peut écrire « Dans cette région… », parce qu'on dit « une région ».
L'exercice 8 va plus loin : on remplace « cela » par un nom fabriqué à partir du verbe de la phrase d'avant.
| Le verbe | Le nom | La reprise |
|---|---|---|
| perdre | la perte | cette perte |
| découvrir | la découverte | cette découverte |
| partir | le départ | ce départ |
| arrêter | l'arrestation | cette arrestation |
| se disputer | la dispute | cette dispute |
Il y a d'autres bonnes réponses : vérifie juste que ta phrase commence par ce, cet, cette ou ces + un nom, et qu'elle parle de quelque chose de la première phrase.
Quand une phrase contient ce, cette, ces + un nom qui reprend une autre phrase, elle ne peut pas venir avant la phrase qu'elle reprend. C'est ton meilleur indice.
Chaque phrase s'accroche à la précédente. La première est la seule qui ne renvoie à rien. Dans la phrase 3, « tous ces produits » reprend le charbon, la nourriture et le carburant, nommés dans la même phrase : ce n'est pas ce groupe qui l'accroche à la phrase 2. Le crochet, c'est « sont devenus très chers », qui répète que les prix ont augmenté. Une anaphore n'est pas toujours un déterminant.
Sur ta feuille, ce texte-là était presque à l'envers. Touche les phrases dans l'ordre où tu les mettrais : la première, puis la deuxième…
Tu avais commencé par « Autrefois, l'ours… se chargeaient de limiter leur nombre ». Le nombre de qui ? « leur » renvoie en arrière : cette phrase ne peut pas ouvrir le texte. Pareil pour « Passé cette limite » : quelle limite ? Il faut qu'on en ait parlé avant.
Le déterminant possessif dit à qui appartient la chose (le possesseur). Sa forme dépend de deux choses : qui possède, et le nom qui suit.
À qui ? À Julien, c'est-à-dire à lui : la 3e personne du singulier → son, sa ou ses. Le nom qui suit ? « lunettes », au pluriel → ses.
Choisis un possesseur et un objet.
| Le possesseur | Masculin sing. | Féminin sing. | Pluriel |
|---|---|---|---|
| 1re du singulier (moi) | mon | ma | mes |
| 2e du singulier (toi) | ton | ta | tes |
| 3e du singulier (lui, elle) | son | sa | ses |
| 1re du pluriel (nous) | notre | nos | |
| 2e du pluriel (vous) | votre | vos | |
| 3e du pluriel (eux, elles) | leur | leurs | |
Le déterminant possessif renseigne sur le possesseur du nom qu'il détermine. Il indique : si c'est à la 1re, 2e ou 3e personne (mon livre, ton livre, ses livres), c'est-à-dire à moi, à toi ou à lui ; s'il y a un ou plusieurs objets possédés, singulier ou pluriel (mon frère, mes frères) ; si le nom est masculin ou féminin (mon vélo, ma voiture).
son ou sa dépend du nom, pas du possesseur. « Paul a perdu sa montre » : Paul est un garçon, mais on dit une montre.
leur ou leurs ? Plusieurs possesseurs dans les deux cas. « Les élèves ont fait signer leurs contrôles (plusieurs chacun) et leur journal de classe (un seul chacun). » Tu as juste les deux sur ta feuille.
Devant un mot qui commence par une voyelle ou un h muet, ma, ta, sa deviennent mon, ton, son : on dit « mon amie », « ton école », « son histoire », jamais « ma amie ». Mais « ma petite amie » : « petite » commence par une consonne.
Notre, votre, nos, vos s'emploient aussi quand il n'y a qu'un seul possesseur, dans trois cas :
| Le pluriel de… | Exemple | Pourquoi |
|---|---|---|
| politesse | « Monsieur, j'ai retrouvé vos clés. » | On vouvoie une seule personne. |
| majesté | « Enchanté de vous rencontrer, votre Majesté. » | On s'adresse à un roi, une reine. |
| modestie | « Nous renvoyons à notre premier article », dit l'auteur. | L'auteur est seul, mais dit « nous » pour ne pas se mettre en avant. |
Mon, ton, notre, votre renvoient à celui qui parle ou à qui l'on parle. Son, sa, ses, leur, leurs renvoient à quelqu'un ou à quelque chose de nommé : ils enchaînent quand il est nommé dans une phrase d'avant.
Le but de qui ? De ces gens, nommés dans la phrase d'avant. Sans elle, « Leur seul but… » ne veut plus rien dire : c'est une anaphore, et elle enchaîne.
Votre : le manuel de ceux à qui l'on parle. Pas besoin de phrase avant pour le comprendre : il n'enchaîne pas.
« difforme » : né avec une partie du corps mal formée. « un traumatisme » : ici, un accident, une blessure grave.
Les possessifs de la 3e personne permettent d'enchaîner les phrases. On a besoin de la première phrase pour comprendre ce que désigne le déterminant.
« Ses chambres sont lumineuses » : chambres est féminin pluriel, donc lumineuse prend un s. Sur ta feuille, ton possessif était juste, il manquait juste ce « s ».
D'autres réponses sont justes si la première phrase nomme clairement le possesseur.
Parfois, le possessif est de trop ou prête à confusion. Ta prof donne trois cas à corriger.
« J'ai mal à ma tête. » On sait bien que c'est ta tête, pas celle du voisin. Alors on dit : « J'ai mal à la tête. »
| À éviter | Correct |
|---|---|
| Grand-père souffre encore de | Grand-père souffre encore des jambes. |
| Papa a coupé | Papa s'est coupé la barbe. |
| Un lasso entourait | Un lasso lui entourait les jambes. |
| Il a passé | Il s'est passé la main dans les cheveux. ✓ trouvé par toi |
« Il entra dans le salon, son chapeau sur la tête. » Le chapeau n'est pas une partie du corps : on garde son. La tête, si : la. Pareil : « il glissait le bras droit dans sa redingote ». Tu as tout juste à cet exercice.
Pour une chose (un nom inanimé, qui ne bouge pas tout seul : une ville, une échelle, un livre), on rappelle souvent le détail avec le petit mot en et l'article.
| À éviter | Correct |
|---|---|
| Je suis né dans cette ville ; je connais tous | Je suis né dans cette ville, j'en connais tous les quartiers. |
| (l'échelle) Il connaissait pourtant | Il en connaissait pourtant la légèreté. ✓ trouvé par toi |
« Jean a vu Paul parler à son frère. » Le frère de qui ? De Jean ou de Paul ? On ne sait pas. On reformule :
« Paul parlait au frère de Jean. » ou « Paul parlait à son propre frère. »
Hier, mon frère est tombé de l'échelle. Il connaissait pourtant sa légèreté et savait qu'elle était peu stable. Il a blessé sa tête et ses mains en tombant. Mon frère a mis un pansement sur son front et a désinfecté les égratignures de ses mains.
Hier, mon frère est tombé de l'échelle. Il en connaissait pourtant la légèreté et savait qu'elle était peu stable. Il s'est blessé à la tête et aux mains en tombant. Il s'est mis un pansement sur le front et s'est désinfecté les égratignures des mains.
L'échelle est une chose → en + la. La tête, les mains, le front sont des parties du corps → l'article, et « se » dit à qui. « Mon frère » répété peut devenir « Il » (ce n'est pas obligatoire). ✓ Tu avais trouvé « il en connaissait la légèreté » et « s'est mis un pansement sur le front ».
D'abord ce qui est acquis, puis ce qui reste à reprendre, avec la bonne réponse et la raison. Le geste « ce, cet, cette, ces + un nom », tu l'as déjà : il reste à le faire à chaque fois, et à finir la phrase.
Les possessifs : dans les exercices 1, 2, 3, 4 et 6, tous tes possessifs sont justes. Et tu as trouvé seule des corrections difficiles : « il en connaissait pourtant la légèreté », « il s'est mis un pansement sur le front », « il s'est passé la main dans les cheveux ».
Les démonstratifs : ce, cet, cette, ces justes aux exercices 1 et 2, et -ci ou -là toujours bien choisis. Tu relies bien « ce petit animal » au koala et « ces précautions » aux vitamines. Tu reprends déjà avec un démonstratif + un nom : « ce pays », « cette date », « ce parc ». Et tu as remis le texte de la Pologne dans l'ordre sans faute.
Toutes les définitions en cartes. Lis le mot, dis la définition à voix haute, puis touche la carte pour vérifier.